C'est sans aucun doute la première question à se poser avant un voyage au Japon. Partir en juin-juillet pendant la saison des pluies, en août au plus fort des chaleurs, à l'automne pour les koyo (et les typhons, si vous êtes malchanceux), ou au printemps pour la période des cerisiers — ce n'est tout simplement pas le même voyage. Voyons ça mois par mois, parce qu'au fond, ce voyage est le vôtre, et bien le préparer, c'est aussi avoir une idée de ce qui vous attire vraiment au Japon.
Vous préférez la version rapide ? Allez directement au récapitulatif mois par mois.
L'été : prévisible, dans le bon sens du terme
Juin à août a été ma propre première vraie découverte du Japon, et — saison des pluies mise à part — je n'ai pas détesté cette expérience, honnêtement. L'avantage de visiter en plein été, c'est que la météo arrête d'être une variable : vous aurez le choix entre chaud et très chaud. Ça simplifie énormément la valise. Oubliez manteaux, pulls, voire pantalons — haro sur les shorts, les t-shirts, les jupes et les chemises en lin, et la seule mission est de combattre la chaleur et l'humidité avec le maximum d'efficacité.
Une petite laine et un pantalon ne sont pas une mauvaise idée à prévoir quand même, surtout en juin — les soirées descendent parfois sous les 20°C, même si c'est rare. De juillet à septembre, ça n'arrive à peu près jamais, sauf bug météo, donc on reste léger.
Le soir après le travail, j'avais pris l'habitude d'aller me rafraîchir à l'onsen juste en face de chez moi — oui, se plonger dans une eau à 42°C pour se rafraîchir peut sembler contre-intuitif, mais entre l'effet du bain qui éponge la fatigue et le rotenburo extérieur balayé par le vent du soir, même une soirée chaude finissait par devenir agréable. Mon moment préféré : ressortir avec une boisson fraîche et m'installer face à la mer pour le coucher du soleil. Après ça, malgré la chaleur, je dormais plutôt bien — avec l'aide d'un ventilateur.
Pour l'ambiance et la culture de cette saison plutôt que le seul côté pratique — la climatisation comme mode de vie, les yukatas, les feux d'artifice, l'atmosphère générale d'un été japonais — n'hésitez pas à vous référer à l'article qui y est dédié, nettement plus chaleureux que celui-ci, au sens propre comme au figuré : L'Été qui Colle à la Peau.
Le début de l'automne se croit encore en été
Jusque mi-octobre environ, les températures restent estivales — ne faites pas une valise d'automne juste parce que le calendrier le dit. Septembre, c'est aussi le pic de la saison des typhons : qu'un typhon touche directement votre séjour reste improbable mais pas impossible, et l'effet concret, c'est généralement un jour ou deux de perturbations de trains ou de vols, pas des vacances gâchées. Mieux vaut garder un peu de marge dans le programme plutôt qu'un voyage sans aucune flexibilité.
La fin de l'automne change de ton
À partir de mi-octobre, les soirées commencent à se rafraîchir nettement — on reste léger, mais avec un pantalon par précaution. En novembre, le changement est plus net, surtout si Hokkaido fait partie du programme, où un ou deux pulls deviennent vite indispensables. C'est aussi la saison du koyo : le feuillage est à son pic à Hokkaido début novembre, puis dans la majeure partie du pays, Tokyo compris, fin novembre, Kyoto tenant souvent jusqu'au début décembre.
Le koyo est un peu à l'automne ce que le sakura est au printemps au Japon — une tradition qui remonte au moins à l'époque de Nara (VIIIe siècle), et le Manyoshu, la plus ancienne anthologie poétique du pays, contient déjà plus de 100 poèmes sur le sujet. Contrairement aux pique-niques et à l'ambiance festive du hanami, le momijigari (littéralement « la chasse aux feuilles rouges ») a toutefois longtemps été une pratique plus calme, plus contemplative. L'un des lieux de koyo les plus appréciés de Kyoto existe presque par accident : les cerisiers du temple Tofuku-ji ont été abattus il y a des siècles parce qu'ils attiraient une foule qui dérangeait le moine-peintre qui y résidait — et les érables plantés à leur place ont fini par attirer un public encore plus nombreux.
Pour le caractère plus calme et plus lent de cette saison, n'hésitez pas à vous référer à l'article qui y est dédié — il va plus loin sur le koyo, le Shichi-Go-San, et la décompression générale après l'été : Lorsque le Japon s'apaise.
L'hiver a deux visages
Décembre et le début-milieu janvier sont souvent plus doux qu'on ne l'imagine — entre 15 et 20°C par beau temps n'est pas rare — mais ne vous laissez pas tenter à laisser le manteau à la maison, parce que ça peut tout aussi bien descendre près de 0°C la même semaine. De février à mars, il y a moins d'ambiguïté : froid, souvent gris, et manteau et bonnet ne sont pas optionnels.
Le printemps, et la semaine que tout le monde planifie
Dès avril, les beaux jours reviennent vraiment, et c'est un mois à couches — matins froids, après-midis chauds. Mai s'installe dans une météo durablement agréable ; le manteau peut rester à la maison, même si les soirées appellent parfois encore un pull.
Le printemps, c'est aussi la période des cerisiers, et le timing est bien plus précis que ce que « printemps » laisse penser. La fenêtre de floraison dans un endroit donné dure environ une semaine à dix jours, et elle traverse le pays sur environ quatre mois :
| Région | Floraison (date approximative) | Pleine floraison (date approximative) |
|---|---|---|
| Okinawa | Janvier | Début février |
| Kyushu (Fukuoka) | 22 mars | 31 mars |
| Shikoku (Takamatsu) | 27 mars | 4 avril |
| Kansai (Osaka / Kyoto) | 26-27 mars | 4 avril |
| Tokyo / Kanto | 24 mars | 31 mars |
| Tohoku (Sendai) | 8 avril | 13 avril |
| Hokkaido (Sapporo) | 1er mai | 6 mai |
Ce sont des dates approximatives (calculées sur plusieurs années), pas une prévision pour une année donnée — les dates réelles bougent d'une semaine ou plus selon la météo de la saison. Planifier un voyage « pour les cerisiers » sans choisir une région et une fenêtre de dates précise, c'est largement jouer au hasard.
Une fois la saison lancée, plus besoin de deviner : l'agence météorologique japonaise relève la floraison et la pleine floraison ville par ville au fur et à mesure, et met à jour son suivi trois fois par jour de décembre à juin — suivi de la floraison des cerisiers de la JMA (en japonais).
Il faut aussi garder en tête, plus généralement, qu'un voyage au Japon n'est pas un seul climat — une visite à Hokkaido ou à Nagano un mois donné peut n'avoir rien à voir avec le même mois à Tokyo ou à Kyushu. Si votre itinéraire couvre des régions très différentes, ça vaut le coup de vérifier les spécificités de chacune plutôt que de se fier à une vue d'ensemble nationale. L'agence météorologique japonaise publie l'ensemble des données régionales : normales climatologiques de la JMA (en anglais).
Mois par mois, ce qui vous attend vraiment
| Mois | Ce qui vous attend | À emporter |
|---|---|---|
| Janvier | Souvent beau et étonnamment agréable — entre 15 et 20°C par beau temps n'est pas rare — mais ça peut aussi descendre près de 0°C | Un manteau quand même ; ne vous fiez pas aux beaux jours |
| Février | Froid, souvent gris | Manteau et bonnet |
| Mars | Encore froid et gris en début de mois ; les cerisiers commencent à s'ouvrir dans le sud et à Tokyo vers la fin du mois | Manteau et bonnet, en s'allégeant vers la fin |
| Avril | Les beaux jours reviennent vraiment | Un mix, adaptatif, par couches |
| Mai | Les beaux jours sont de retour pour de bon | Oubliez le manteau ; peut-être un pull pour le soir |
| Juin | La saison des pluies (tsuyu) démarre dans la majeure partie du pays ; la chaleur devient prévisible hors des épisodes de pluie | Vêtements légers ; les soirées descendent rarement sous les 20°C, mais ça arrive |
| Juillet | La saison des pluies se termine à la mi-mois ; chaud ou très chaud, pas d'entre-deux | Shorts, t-shirts, lin — oubliez manteaux, pulls, voire pantalons si possible |
| Août | Le mois le plus chaud, un point c'est tout | Comme juillet — la mission, c'est combattre la chaleur et l'humidité avec le maximum d'efficacité |
| Septembre | Encore chaud et humide en début de mois ; pic de la saison des typhons | Restez léger ; gardez un peu de marge dans le programme |
| Octobre | Encore estival jusque mi-mois, puis les soirées se rafraîchissent | Léger, avec un pantalon par précaution |
| Novembre | Nettement plus frais, surtout si Hokkaido est au programme | Un ou deux pulls |
| Décembre | Souvent encore beau et agréable | Un manteau, au cas où — ce n'est pas uniformément doux |
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